Théâtre : « Pèlentèt » de Frankétienne à FOKAL

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Lundi 20 mai 2019 ((rezonodwes.com))– Les mercredi 22 mai et jeudi 23 mai à 6h PM, FOKAL accueille 2 représentations du classique de Frankétienne : PèlenTèt. Cette pièce – adaptation d’une œuvre du dramaturge polonais Slawomir Mrozek : Les Émigrés – avait rencontré un vif succès populaire à sa création à Port-au-Prince en 1978 avant d’être interdite par la dictature duvaliériste.

Pour ces représentations, Staloff Tropfort assurera la mise en scène, avec des interprétations de Kenny Laguerre, Erthon Edmond et Stevenson Saintine.

Les tickets d’entrée seront distribués à l’entrée de FOKAL avant chaque spectacle, à partir de 5h PM.

Nou menm entèlektyèl nèg sèvo gran kònòsò. Wi nou konn pouse moun fè tenten. Nou pale bwòdè, simen bèl fraz, detaye analiz lojik gramatikal, zewofòt. Men fout tonnè boule m sa senpman nou pwòp

… Depi yo gade w yo wè ki moun ou ye, yon nèg fèy, yon nèg gwo zòtèy ki soti nan zantray pèp la, ki gens an pèp la nan venn li…

Un sous-sol à New York. Deux concitoyens haïtiens. Un duo improbable : l’intellectuel et l’analphabète. Polidò, contraint de partir pour sauver sa peau, et Pyram, l’ouvrier acharné qui n’a d’ambition que pour sa petite vie, sa petite famille. Les deux hommes parlent d’Haïti, de leurs vies respectives et de leurs chimères.

Pèlentèt retrace le parcours de deux hommes issus de deux milieux différents, le rural et l’urbain ; mais aussi d’une époque, celle de la dictature des Duvalier. L’urgence d’exister, le mal du pays et la frustration des exilés. Dans ce sous-sol, Polidò et Pyram sont condamnés à se supporter l’un l’autre. Polidò, tourmenté par les démons de la dictature, se noie dans ses livres et ses réflexions, tandis que Pyram, dévoré par ses frustrations, ressasse sans cesse les souvenirs d’Haïti.

Cette pièce est une comédie tragique du répertoire classique haïtien. Mais même hors du contexte de sa création, Pèlentèt reste une pièce d’actualité.

La langue de Franketienne est un flux de mots, de phrases, d’expressions qui s’étirent, s’entremêlent, s’entrechoquent. Des mots percutant, qui grattent la gorge et qui sautent au tympan. C’est une langue avec une résonance particulière, baroque. Cette langue m’intéresse parce qu’elle est porteuse d’une vérité ; et moi qui fais partie d’une génération « androïd fast life » je voudrais que mes pairs puissent comprendre la vérité de cette langue, c’est-à-dire l’intériorité, le sens profond de ce vocabulaire et la vie profonde des personnages.

L’union Polidò-Pyram accouche d’un troisième personnage : le jocker. Ce dernier est inventé pour servir de commentateur. Il représente l’être mystique et supérieur. Celui qui sait tout, qui joue à la fois le rôle de témoin (conscience) d’adjuvant et de narrateur.

Dans ce travail sont privilégiés un ensemble d’exercices basés sur la conscience, la présence du corps et de la voix, créés à partir d’observations dans les Lakous avec la Cie ADRECE.

Staloff Tropfort

Franketienne 2013 Paris 0 1400 597

Frankétienne / Franketyèn – Enseignant, poète, dramaturge, peintre, musicien, chanteur et enseignant, Frankétienne, de son vrai nom Franck Étienne, est né le 12 avril 1936 dans une section rurale de l’Artibonite (à Ravine Sèche) suite, dit-il, au « viol d’une paysanne haïtienne de treize ans par un vieil industriel américain ». Il a publié plus d’une quarantaine d’ouvrages.

En 1962, au début de l’ère Duvalier, Frankétienne fréquente le groupe Haïti littéraire, d’où sortent bon nombre d’auteurs : Anthony Phelps, René Philoctète, Serge Legagneur, Roland Morisseau… La situation politique devient cependant vite intenable pour les intellectuels, dont beaucoup quittent le pays pour le Canada, la France ou l’Afrique. Franketienne décide de rester en Haïti pour écrire et pour lutter. Chacune de ses œuvres est ancrée dans l’histoire contemporaine haïtienne. Chacune témoignant, malgré l’homme ou l’écrivain qui se veut avant tout créateur, d’un moment de la « conscience nationale ». Ultravocal (1972) : le vertige de l’errance sans fin ni finalité, le pays habité par « le mal majeur » forçant ses enfants à l’exode massif sans espoir ni désir de retour. Mûr à crever (1968) où, chassés des Bahamas, quatre Haïtiens, sur le bateau du retour, se jettent à l’eau, se livrant aux requins de la mer caraïbe plutôt que de revoir l’enfer duvaliériste.

Fondateur – avec René Philoctète et Jean-Claude Fignolé – du mouvement Spiraliste. Il propose l’éclatement des formes, des genres et des imaginaires, une théorie sur l’art total qui mêle le roman, le théâtre, et la poésie.

Depuis plus de quarante ans il publie régulièrement dans les deux langues haïtiennes, le créole et le français. Par l’originalité de son écriture et la variété et la constance de son inspiration, Frankétienne, écrivain, peintre, enseignant, théoricien, homme politique, occupe une place importante dans les deux volets, français et créole, de la littérature haïtienne. La complexité, les tensions, le pluralisme qui font l’originalité de la littérature haïtienne se manifestent de façon particulièrement claire dans son oeuvre.

Entièrement en créole, son oeuvre théâtrale comprend Pèlentèt et Twoufoban en 1978 ; Bobomasouri ,1986, Kaselezo, 1987 ; Totolomannwèl, 1986 ; Melovivi, 1987 ; Minywi mwen senk, 1988 ; Kalibofobo, 1988 ; Foukifoura, 2000.

Staloff tropfort

Staloff TROPFORT est diplômé en section théâtre à l’Ecole Nationale des Arts – ENARTS. Comédien, metteur en scène, conteur, photographe, membre de Konpayi Teyat Lobo, il se passionne pour l’Ethnodrame. Inspiré par les travaux de Franck Fouché, puis par sa formation au Conservatoire Royal de Liège sous la direction de Pietro Varasso, il crée avec quelques ami.es l’Association ADRECE qui mène un travail de recherche autour d’un théâtre haïtien enrichi par des éléments et caractères vodous.

Erthon Edmond

Erthon EDMOND – Né à Port-au-Prince en avril 1990, il est diplômé en théâtre à l’Ecole Nationale des Arts, membre de Konpayi TeyatLOBO, vice-président et membre fondateur d’A.C PARLÉ (Association Culturelle Production Artistique vers le Rehaussement de la Lecture et de l’Écriture).De nombreuses rencontres comme celles avec Laurent Gaudé et Guy Jr Régis ont marqué son parcours de comédien. Il a été initié à l’ethnodrame en participant à un stage de l’Association ADRECE animé par le metteur en scène et pédagogue belge Pietro Varasso. Depuis 2014, l’année de sa rencontre avec le théâtre, en tant que comédien il a participé à plusieurs activités culturelles, notamment le Marathon de Lecture, le Festival 4 Chemins. Il s’intéresse également à la technique, la photographie et l’écriture.

Stevenson Saintine

Stevenson SAINTINE – Né à Port-au-Prince, il est comédien, chanteur, costumier. Formé au Conservatoire Haïtien D’art Dramatique (CHAD), puis diplômé de l’École Nationale des Arts (ENARTS), il est aujourd’hui membre de Konpayi ZOFLANBO et de Konpayi Teyat LOBO et il s’investit dans un travail de recherche sur le théâtre engagé qui se base sur certaines pratiques théâtrales d’agitation et de propagande (AJIPRO) des années 40.

Kenny Laguerre

Kenny LAGUERRE – Comédien de la compagnie théâtrale Ayizan, Kenny se forme comme acteur avec le dramaturge et metteur en scène Georges Nesly sous la direction duquel il a joué FoukifouraAdjanoumelezo, et Métamorphose de Franketienne. Il est également interprète du « Cri des oubliés » joué au colloque international de Biarritz en collaboration avec le Théâtre du Versant en 2011. Il a travaillé avec les compagnies Théâtron et Nif. Son parcours s’est enrichi par plusieurs formations, entre autres sur le théâtre de rue avec le Théâtre de l’Unité dirigé par Jacques Livchine et Hervée Delafond, mais des rencontres avec Daniel Marcelin et Brunatche Zéphir, deux pédagogues du Petit Conservatoire.

Jean Ronald Pierre

Jean Ronald PIERRE – Créateur de lumière et marionnettiste, Jean Ronald Pierre a travaillé au ministère de la Culture pendant six ans comme éclairagiste. Il a été assistant technique et remplaçant de Duquel Lafalaise sur le projet « Opera Lenglensou » en 2005. En 2006 et 2007, il a travaillé pour la Quinzaine de la francophonie. En 2007, il intègre la compagnie Musique des Antilles de Jean Claude Verdier ou il passe quatre ans. Depuis 2014, Jean Ronald Pierre est directeur technique du festival Quatre chemins. De 2017 à nos jours, il est régisseur général du festival « En Lisant » dirigé par Eliezer Guérismé. En 2017, il a créé avec Richard Domin les lumières de l’exposition « Lutter pour l’humain », conçue par Michèle Lemoine. En 2018, il collabore encore avec elle pour la création spectacle « Corps et démocratie » créé par le chorégraphe Jean-Aurel Maurice. En Avril 2018, il crée les lumières du spectacle « Epilogue d’une trottoire » mis en scène par Louisna Laurent. En 2018 il est régisseur général du festival PAPAP dirigé par Kettly Noël. Il travaille comme éclairagiste sur la tournée nationale du spectacle « Chemins de Fer » mis en scène par Miracson Saint-Val, avec lequel il participe aussi à la 14e édition du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB). Il est aussi régisseur du spectacle « Nos Plus belles années » mis en scène par Florence Jean Louis Dupuy.

Pèlentèt à FOKAL.

Mise en scène : Staloff Tropfort

Interprétation : Kenny Laguerre, Erthon Edmond, Stevenson Saintine

création lumière : Jean Ronald Pierre

durée : 1hr

affiche spectacle pèlentèt 22 et 23 mai 2019

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