Une organisation se propose d’assurer la défense des droits des policiers haïtiens

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Dans son rapport sur l’accessibilité des agents de la Police Nationale d’Haïti aux droits économiques, sociaux et politiques, l’ONCH a pu confirmer l’incapacité de l’Etat à prendre les dispositions visant à rendre les droits économiques sociaux et culturels aux agents de la force instituée par la loi du 29 novembre 1994 en auxiliaire des pouvoirs publics . L’ONCH recommande donc aux pouvoirs publics de prendre les dispositions pour garantir à tous la jouissance de DESC sans distinction aucune

Vendredi 12 avril 2019 ((rezonodwes.com))– Dans un rapport, l’’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a présenté et analysé des éléments clés permettant de déterminer le niveau d’accessibilité des Agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) à la jouissance de droits économiques, sociaux et culturels. Lesquels droits concernent le lieu de travail, la sécurité sociale, la vie familiale, la participation à la vie culturelle et l’accès au logement, à l’alimentation, à l’eau, aux soins de santé et à l’éducation.

Ȧ la lumière des données collectées, l’OCNH a pu confirmer l’incapacité de l’Etat à prendre les dispositions visant à rendre les droits économiques sociaux et culturels aux agents de la force instituée par la loi du 29 novembre 1994 en auxiliaire des pouvoirs publics. Ce, en vue de maintenir l’ordre en général et de prêter force à l’exécution de la loi et des règlements. Cette conjoncture a de graves répercussions sur le train de vie des agents et influe sur le professionnalisme de ceux qui sont chargés d’assurer la protection et le respect des libertés des personnes, des vies et des biens sur toute l’étendue du territoire national.

LES AGENTS DE LA PNH ET L’ACCES AUX DESC

« Qui dit droit, dit contrainte » proclame un vieux dicton repris par Pascal qui a écrit « la justice sans la force est impuissante… il faut faire que ce qui est juste soit fort ». Instituée en auxiliaire des pouvoirs publics en vue de maintenir l’ordre en général et de prêter force à l’exécution de la loi et des règlements, la PNH contribue à la puissance de la justice dont selon l’avis de plus d’un elle est le bras armée. Face à l’importance de sa mission et les nombreux risques psychosociaux liés à l’exercice de leur profession, les agents de la PNH auraient dû jouir de privilèges particuliers.

Pourtant, comme tout citoyen lambda ils n’arrivent pas à jouir de leurs droits économiques, sociaux et culturels. Les conditions de travail des policiers en Haïti laissent à désirer. Ils sont les premières victimes de l’insécurité et quand ils perdent la vie leur inhumation ne se fait pas avec l’honneur dû à leur sacrifice. Ils mettent leur vie au service d’une population qui souvent les voit comme des ennemis et des menaces. L’état de salubrité de certains sous-commissariats visités est alarmant. Dans certains cas, les policiers ne peuvent pas rester dans les containers aménagés en poste à cause de la température qui y règne. L’Etat central a du mal à pourvoir les policiers en uniforme, certains agents vont travailler avec des tenues rafistolées.

Les nouveaux agents peuvent passer plusieurs mois sans percevoir de salaire tandis qu’ils sont obligés d’aller travailler. Pour assombrir le tableau du climat de travail des agents de la PNH, ils manquent parfois des éléments indispensables pour réaliser leur travail, malgré la recrudescence de la violence, des gangs armés dans la région métropolitaine les gilets de protection se font de plus en plus rares. Les véhicules sont souvent non seulement en panne, mais également en piteux états.

D’ailleurs, quand elles ne font pas face à une pénurie de carburant, certains sous-commissariats n’ont pas de source propre d’énergie électrique. Par conséquent, le service public a tant de mal à remplir sa fonction, il n’y a pas d’accompagnement psychologique pour les agents etc.. Les agents de la force policière perçoivent mensuellement une somme allant de vingt-et-un et vingt-cinq mille gourdes. Avec l’explosion des prix des produits de première nécessité sur le marché et la cherté du coût de la vie, les agents de la force chargée de protéger les biens et la vie de la population ont du mal à joindre les deux bouts et leur vie familiale paie les conséquences de leur salaire de misère.

Généralement, ils n’arrivent même pas à subvenir aux besoins de leurs foyers. Une situation qui se révèle de plus en plus inquiétante, contenu du fait que leurs enfants sont souvent renvoyés des établissements scolaires par faute de moyens financiers pour payer les frais d’écolage à temps. Le système de sécurité sociale est inefficace. Les policiers paient beaucoup de taxes et ils reçoivent peu en retour. Ils ont comme tout citoyen lambda des inquiétudes liées à des frais d’hospitalisation. Il leur est très difficile de poursuivre leurs études à cause de l’horaire de travail. Tandis qu’ils passent des nuits sans sommeil, ils ne peuvent en aucun cas s’alimenter sainement, ce, en en raison du faible moyen dont ils disposent. De plus, Il leur est difficile de reproduire leur force de travail à cause de leur maigre salaire et l’absence de politique sociale en leur faveur.

Malgré le phénomène de l’insécurité qui est de plus en plus criant, ils sont obligés de vivre comme tout le monde. Tandis qu’à cause de la faiblesse du système de justice nationale certains malfrats arrêtés sont souvent libérés et cherchent à se venger du policier qui les a mis sous les verrous. En ce qui a trait au logement des agents, ils sont souvent transférés sans la prise d’aucune mesure d’accompagnement. Il n’y a pas de frais d’installation ni de subvention pour le logement alors que souvent l’affectation ne tient pas compte du lieu de résidence des agents. Ces derniers doivent se démener pour trouver un endroit pour dormir sans les services de base. Vu leur maigre budget, ils vont vivre dans des quartiers de mauvaise réputation et sont les voisins de bandits qu’ils sont sensés pourchassés. Les identifiant comme des menaces ces bandits vont parfois jusqu’à exiger leur déménagement quand ils ne mettent pas le feu à leur maison.

PERSPECTIVES ET RECOMMANDATIONS

En vue de produire un changement profond dans l’organisation de la société haïtienne, les pouvoirs publics doivent prendre les dispositions pour garantir à tous la jouissance de DESC sans distinction aucune. Tous les citoyens doivent avoir accès aux droits suivants : le travail, la sécurité sociale, la santé, l’éducation, l’alimentation, l’eau, le logement, la nécessité de vivre dans un environnement sain et la culture.

L’approche de l’Etat doit être globale et tenir compte de tous les individus non pas une catégorie spéciale. C’est à la charge des autorités étatiques de mettre l’eau et un environnement sain par exemple à la disposition de toute la population dont ils ont la charge.

Toutefois, conscient des maigres ressources disponibles et devant l’urgence de la situation l’OCNH préconise la prise de dispositions visant à

1- améliorer dans le plus bref délai la situation salariale des Agents de la PNH.

2- Prendre des dispositions visant à pourvoir aux policiers les moyens de prendre en charge ainsi que leurs dépendants.

3- Fournir les moyens logistiques adéquats pour l’accomplissement de leur tâche.

4- Assister les parents des policiers victimes dans l’exercice de leur fonction.

5- Donner des mesures d’accompagnement aux policiers transférés.

6- Mener de manière régulière des vetting afin de sanctionner les contrevenants au code de la déontologie de la PNH.

7- Donner un appui psychologue aux Agents de la PNH au minimum deux (2) fois par an.

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