Disposer de données de qualité est un impératif pour avoir un impact réel sur le développement

par Haishan Fu

Samedi 9 mars 2019 ((rezonodwes.com))- – Nous savons que la disponibilité de données de qualité sur le développement est fondamentale pour définir des politiques pertinentes, pour répartir judicieusement les ressources et pour assurer l’efficacité des services publics. Malheureusement, alors que les nouvelles technologies permettent d’obtenir toujours plus de données et de les exploiter davantage, il reste beaucoup de zones d’ombre sur la carte mondiale des données.

Ce problème de « pauvreté des données sur la pauvreté » (a) a été analysé dans un article publié en 2015 par mes collègues Umar Serajuddin et al. : il y a encore quelques années, 77 pays dans le monde étaient privés des données nécessaires pour mesurer correctement la pauvreté. Pire encore, les données sont souvent les plus rares là où les besoins sont les plus critiques.

Tout d’abord, la pénurie de données individuelles sur des questions comme les biens et la consommation limite considérablement notre capacité à prendre des mesures pour réduire les inégalités entre les sexes. Ensuite, malgré l’urgente nécessité de mieux gérer les risques climatiques, des lacunes importantes subsistent en ce qui concerne les données sur les dérèglements du climat, telles que ses conséquences sur les ressources en eau douce par exemple. Enfin, l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire et les infrastructures sont d’autres exemples des nombreux domaines pour lesquels il est indispensable d’améliorer les données pour réaliser des progrès.

Alors que faut-il faire ? Voici les trois axes prioritaires qui doivent guider notre action pour l’avenir et que nous nous employons actuellement à mettre en pratique.

Même si je partage l’enthousiasme du monde des données pour la nouveauté et le dernier « objet qui brille » (à l’instar du bien nommé Shiny !) (a), je suis convaincue que ce qui constitue aujourd’hui le socle des données du développement, à savoir les enquêtes auprès des ménages et les registres d’état civil, statistiques démographiques et autres données administratives, seront toujours au cœur de notre travail pour améliorer la vie quotidienne des habitants de la planète.

Pour autant, l’innovation technologique et l’apparition de nouvelles sources de données qui n’existaient pas auparavant ont aussi un énorme potentiel, car elles peuvent nous aider à gagner du temps, à améliorer l’exactitude et la précision, à comprendre et à gérer autrement le monde qui nous entoure.

C’est pourquoi, à mes yeux, il est encore plus enthousiasmant de combiner les sources traditionnelles de données, comme les enquêtes auprès des ménages, avec des sources nouvelles et innovantes telles que les données géolocalisées, les images satellite, les données des appareils mobiles et celles issues des réseaux sociaux.

Pour cela, nous devons faire reculer les frontières en renforçant notre connaissance de ces nouveaux types de données, en développant nos compétences d’analyse de données (dans le domaine de l’apprentissage automatique notamment) et en tirant parti de la collaboration avec le secteur privé, tout en continuant à veiller au renforcement des capacités dans les pays en développement pour la production de données publiques de grande qualité.

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