Ô rage ! Ô désespoir ! Ô mutisme suicidaire de l’intelligentsia haïtienne!

par Carly Dollin

Le régime politique actuel prête définitivement le flanc à tous les coups! A la faveur de cette course effrénée de la médiocrité, le l’irrespect et de l’arrogance, Yes Aya aspire à la plus haute magistrature de la première République Noire indépendante du monde. Qu’a fait Haïti pour mériter ces séries de comédies et d’infamie ?

Mardi 19 février 2019 ((rezonodwes.com))– Dans son profond lyrique « A Lanvê », consigné sur l’album Yo Remele du groupe Zenglen, l’illustre compositeur de la musique Compas, Jean Richard Hérard, dit Ritchie, a décortiqué l’inefficiente résultant de l’exécrable allocation des ressources humaines et de la gestion irréfléchie et choquante des institutions et de l’espace vital du pays. Des médecins plaidant dans les tribunaux, des avocats professionnalisant dans des cliniques, de nombreux véhicules, sans infrastructures routières, …., une kyrielle de plaintes justifiées, adressées aux institutions régaliennes et au premier mandataire de la République.

Ces pratiques inefficientes laissent le champ libre au kidnapping, à l’insalubrité, à l’injustice, au blackout. Ce qui avorte et paralyse les projets de déconcentration, de décentralisation et de développement, empêchant ainsi le démarrage et le progrès économique du pays, auditionne-t-on dans cette musique si riche et bien documentée. Les conséquences désastreuses qui en résultent : Haïti est passée du statut de perle des Antilles à Krizokal des Antilles.

A l’envers : texte déclamé et trahi avec maestria par Yes Aya !

Les paroles profondes et les cris stridents de cette mélodie, exposant avec dextérité le fossé béant entre nos pratiques quotidiennes infectes et les normes démocratiques, sortaient du micro de l’ancien chanteur de la formation musicale Zenglen, Gracia Delva, devenu aujourd’hui par la force des choses, sénateur de la République. Voix géniale, posture élégante, les mélomanes étaient suspendus aux lèvres du chanteur, qui était dans son élément ; donc il était à sa place !

Pourtant ce chanteur vedette, ayant déjà brigué deux mandats consécutifs comme député puis propulsé au poste de sénateur, a été primé comme l’un des principaux gagnants du Loto électif instauré par le CEP de 2010 qui avait consacré Michel Martelly premier citoyen du pays en 2011. Il n’existe pas faits plus saillants pour vérifier et confirmer la véracité des paroles du texte « A l’envers » de ce succès de la musique Compas de l’année 2012. Un député ou un sénateur est un homme de dossiers et de projets ; il doit être en mesure d’analyser, d’évaluer et de disséquer les forces et les faiblesses des projets et des programmes soumis à son appréciation. Pourtant, sans être ivre, ce fameux sénateur Ti-Bredgen du plus grand territoire départemental du pays n’a même pas été en mesure de distinguer l’alpha du numérique du chapitre quatre de l’alphabet grec. Aujourd’hui, il veut la cerise sur le gâteau : il caresse un nouveau rêve. Celui d’occuper le premier fauteuil bourré de la nation. AlaTraka !

Si en dépit de toutes ces limites cognitives, un simple chanteur a pu, en ce plein 21e siècle, défier la logique et étonner le bon sens et l’entendement humain en décrochant l’honorable poste de député du peuple, puis en acquérant la promotion de sénateur de la République, donc pour lui « The sky is the Limit ! » qui sait ? Dans cette loterie, pourquoi ne pas côtoyer l’apothéose de devenir le chef d’Etat de ce pays, semble-t-il, habité par onze millions d’imbéciles et de mesquins. N’est-ce-pas, Yes Aya !

Voilà, l’héritage que nous lègue ce pouvoir aux multiples têtes mal calées. En plus des gestions frauduleuses et des malversations visibles et tangibles des fonds Petrocaribe, des dollars-cinquante de la diaspora, d’autres multiples dilapidations de fonds occasionnées par des directions générales, par des organismes autonomes, par des ministères et des offices ayant signé des contrats juteux en l’absence des normes protectionnistes et  prudentielles, le régime a laissé Haïti avec d’énormes pertes et déficits intangibles chroniques, beaucoup plus importants que ce qui saute aux yeux. Ces déshonneurs et ces infamies constituent des manifestations convaincantes des confusions, des cacophonies, des indécences et une farouche anomie sociale telle qu’évoquée par le célèbre  sociologue français Emile Durkheim.

Le silence de l’intelligence est complice de la grossesse politique ectopique du pays

L’assassinat crapuleux des valeurs, des normes et des principes, perpétré par le régime politique actuel, fait rêver des scélérats, des ratés et des malfrats, qui ont déjà squattérisé des postes stratégiques du pays et qui manifestent l’audace de continuer de « Joffrer », à la faveur de ce régime inefficient, d’illustres positions envieuses exigeant sagesse, élégance et classe. Comme si le destin du pays pourrait se jouer en des parties de poker, comme à Las Vegas. Quelle est cette histoire de laisser le champ politique libre à des têtes et des cœurs sans classe, sans image, sans niveau, mais qui osent croire en la concrétisation de leurs rêves de s’asseoir sur les sièges les plus prestigieux et au plus haut sommet de cette nation ! Pour gouverner quoi ? Pour concevoir et exécuter quels projets, au nom de la démocratie ? Mais, où sont passées les valeurs, les normes et les balises de cette société assise dans le temps sur le respect et la crainte des aînés et des institutions, sur l’honnêteté, le respect des symboles et le respect des valeurs et de la compétence?

Evidemment, tout le monde a une place, alors sa place, dans toutes les sociétés démocratiques. Mais, il faut éviter, comme le réclame le texte « A Lanvê » de continuer dans les amalgames, les cacophonies et les confusions dans les rôles dans une société.

Une scène gratuite, de plus, de comédie Hollywoodienne

Les célèbres acteurs humoristes de Hollywood, Jim Carey, Eddie Murphy, Melissa McCarthy, Kevin Hart, Alec Baldwin, …., mettent des années et des investissements gigantesques avant d’arriver au terme de leurs films humoristiques, pour faire pleurer de rires et de joies des millions de cinéphiles à travers le monde. Ces œuvres comiques et hilarantes, nécessitant de nombreuses répétitions et des décorations tinctoriales, requièrent et sollicitent des scènes imaginaires, fictives et utopiques. Et, elles rapportent des centaines de millions de dollars à leurs réalisateurs. Pourtant en Haïti, au moindre coût, à toute heure, dans toutes les sphères, sans « légende », nous produisons des œuvres de comédie avec tous les grands acteurs, des acteurs réels du parlement, de l’exécutif, du judiciaire.

Semble-t-il que le ministère de la culture n’arrive pas encore à identifier cette énorme richesse culturelle pour exposer et faciliter l’exploitation de telles œuvres qui rapporteraient des centaines de millions de dollars au pays. Peut-être que le chômage, le problème de la dépréciation de la gourde et l’inflation auraient été résorbés. Espérons que ces plaisanteries de mauvais goût de visualiser des Ti-Bredgen et des incapables sur des bulletins de votes présidentiels feront long feu. Mais, on ne sait jamais, alors, soyons vigilants pour ne pas réitérer les mêmes erreurs catastrophiques de notre passé récent.

Si en 2011, un champion, un érudit de la bêtise s’était faufilé pour occuper la première magistrature du pays, nous devons définitivement déduire que tout est toujours possible, si nous manquons à nos engagements et nos responsabilités de citoyens. Dans cette cacophonie et cette confusion politique créée à dessein par des groupuscules, détenant des agendas mesquins et perfides, l’intelligentsia et l’élite du pays doivent jouer des rôles de gardiens des images et des valeurs démocratiques en montant le cheval de la vigilance. Avec de faux amis de l’international qui veulent proroger leur moquerie avec nous comme le dindon de la farce, nous invitant ainsi à leurs diners de cons, avec une nation découragée, démotivée et écœurée par les urnes, la probabilité que la bêtise récidive en décrochant le premier lot à une prochaine éventuelle loterie présidentielle en Haïti, n’est pas nulle.

Forces vives et compétentes de mon pays, si nous ne prenons pas des engagements fermes et dignes de citoyen intégral pour éviter une nouvelle ânerie au plus haut sommet de notre République, nos enfants, nos familles, nos camarades et nos collègues ne nous le pardonneront jamais. Engageons-nous à offrir une offre politique valable, honnête et compétente pour sortir Haïti de ce bourbier économique et social.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

4 pensées sur “Ô rage ! Ô désespoir ! Ô mutisme suicidaire de l’intelligentsia haïtienne!

  • 19 février 2019 à 12:22
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    lol. Je vous donne la garantie que Michel Martelly et Jovenel sont pires que « Yes Aya » pour ce qui attrait a l’ignorance, l’immoralite, les vices et l’analphabetisme. Vous prendrez peut etre 20 ans pour comprendre qu’un ignorant est un ignorant. Arretez de classer les ignorants et foutez les dans le meme sac. Cela vous evitera bien des probleme. Mais oui, Yes Aya convient tres bien pour succeder a Jovenel.

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  • 19 février 2019 à 1:04
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    Gracia Delva, chanteur, compositeur et musicien Gen yon bel track record comme artiste. « l’al pran chance li en politique et li monter echelon comme Depute en 2 tours, ensuite comme Senateur.
    Michel Martelly vi’n Prezidan san k’el pa pase par echelon politique sa yo. Donc avec vacuum vide saa de l’intelligencia Haitien yo ki « je m’en fout bien » (prononcer « manfouben ») ti neg maitre dame comme Martelly, et peut etre Gracia Delva et autres, on ne sais jamais, passè en bas radar la inappercue et yon jou vre k’ap vi’n prezidan d’Haiti. Haiti pa elu, Firmin, Fignole, Deronserais, Marc Bazin, Manigat, etc.. yo preferre al lague ko yo nan sa ke n’ap viv konnyen la.
    La nature a horreur du vide, la politique aussi.

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    • 19 février 2019 à 4:22
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      Bonne reponse, Michel. « intelligentsia haitienne »…LOL c’est a mourir de rire, comme quoi il existe des gens intelligents diriges par Michel Martelly, Jovenel Moise – Dumb and dumberer? Moi je pense que Martelly et Moise, des ignorants sonores sont les plus intelligents de la place, car ils sont les chefs. Quoiqu’il est difficile de les evaluer comme voleurs, car ils volent dans un pays ou la justice n’existe pas… Ces journalistes, ils refusent de separer l’humour du journalism poliltique. LOL.

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  • 19 février 2019 à 3:34
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    Pwoblèm nan enpe pi konplek ke sas, se youn poblèm sosyal grav, se youn pwoblèm sitèm ki nan pwofondè sosyete ya, se youn pwoblèm nivo moun yo sou plan mantal. Depi youn entelektyèl, youn vizyonè vin ak youn vizyon ki vo lapèn, yo metel deyò, yo dil frekan si yo pa dil fou! Tout moun di: sa misye gen laa, alò se sèl li ki konn li? Sosyete aysyèn nan merite jan de ranyon ki dirijel yo pasel se ranyon. Aristid, Preval ak dènye fatra ki pi sal la, Switmiki, se visay sosyete nou wan. Fòn gen kouraj pou dil e gadel anfas si nou vle chanjel. Pase se moun sa yo ke de sektè boujwa ak bon pòsyon nan mas yo renmen. Jou sosyete ya va evolye, chanje, enben jou saa, chwa elektoral li yo va chanje e peyi ya petèt, va pran lòt wout, pase se pa sèl sistèm elektoral la ki pwoblèm Ayiti. Ayiti mal oryante nan tout nivo kòm peyi depi lontan, se youn lòt oryantasyon pou nou bay peyi ya, pase menm wout ap toujou mennen menm kote.

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