Mensonges présidentiels polychromes et multiformes : Fin de règne en Haïti !

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par Carly Dollin

Funérailles d’un système pervers, humiliant, abêtissant et dépassé où la bêtise et la flagornerie ont déversé le vase de la mal gouvernance couplée d’une insensibilité et d’un mépris viscéral de la misère atroce et de la pauvreté acide d’une population frustrée et amèrement révoltée envers ses prédateurs et ses oppresseurs petrocaribéens.

Mardi 12 février 2019 ((rezonodwes.com))– Ce régime politique post-séisme naissait de la négligence, de l’irresponsabilité impardonnable et de l’erreur monumentale des structures régaliennes de l’Etat qui ont laissé le terrain libre à un amuseur public, un érudit et un pic de la Mirandole de la vulgarité, détenant l’expertise de pouvoir décliner et conjuguer les concepts grossiers, infects et malsains sans contrainte géo-spatiale, avec une précision chirurgicale.

Les productions 100%, 200%, ………, 800% AA, interdits aux enfants et aux adolescents, déclamées en prose et en vers par le gagnant du Lotto présidentiel de 2011, le couronnaient comme le champion de l’insanité en Haïti. Les gestions financières douteuses de ses dossiers d’hypothèque en Floride, les réputations écœurantes de Ti-Simone qui, sans gêne, sans se soucier de sa famille et du lendemain, se laissant malmener constamment par les effets de l’alcool et d’autres produits déviants, pour descendre son pantalon au grand jour à Eastern Parkway, au Champs de Mars, dans les balles, servaient déjà de provisions et de preuves convaincantes pour exclure et expulser la bêtise comme une option dans les urnes affichant les têtes présidentielles en 2011.

Pourtant, les organisateurs des élections, pas à la hauteur de leurs nobles tâches, depuis les études des dossiers jusqu’à la publication des résultats fallacieux des scrutins, avaient failli à leur mission en laissant la bêtise pénétrer les tiroirs de réception des dossiers des candidats à la présidence. Pots de vins, intérêts personnels mesquins, menaces de mort, rien ne peut expliquer de telles négligences fatales pour le pays. A la lumière des prescrits du décret électoral et de la constitution, on peut même se demander si Ti-Simone, dans ses troubles de conduites et ses troubles de personnalité antisociale, avait rempli convenablement ses droits d’être simple électeur dans cette course électorale d’importance pour le pays.

Ignorance, arrogance et incompétence, les graines fertiles des mensonges du régime

Par un coup de baguette magique, cette tête remarquable de l’insanité, de la vulgarité et de l’imposture s’est vu promptement attribuer le 14 mai 2011, la noble mission de gouverner un pays si fier, réservoir dans le temps de professionnels et d’éducateurs dignes et compétents destinés aux systèmes Nord-Américains, de l’Amérique Latine et de la Caraïbe. Pour récompenser ses acolytes raquetteurs dans son sillage depuis ses performances indélébiles dans les dévergondages, le champion de la bêtise les avait nommés ministres, premiers ministres, directeurs généraux, ambassadeurs, conseillers spéciaux.

Comme si Haïti était devenue subitement un orchestre mondial mené par le maestro et le chef de file « Michele Matala ! », avec à ses côtés ses amis de vieille date dont les noms résonnent et sont gravés en marbre dans ses tubes 100% , …, 800% AA. La sélection de Ti-Simone au pouvoir, avec évidemment la complicité intéressée de certains prédateurs de l’international, a affirmé le président du CEP de l’époque (Pierre-Louis Opont), a été un sacré coup, un véritable cauchemar et un affront à la décence, à la compétence, à l’intelligence, à l’effort, à l’honnêteté et à la démocratie. Depuis l’accession au pouvoir de cette équipe inculte, qui tâtonnait avec les dossiers stratégiques de l’Etat, comme des enfants avec des puzzles, le vide intellectuel, l’imposture, l’arrogance et les mensonges agressifs et arrogants s’imposaient au palais, à la primature et dans toutes les sphères de l’administration publique du pays.

Les effets d’annonce s’amplifiaient dans les moindres actions. Les inaugurations des réalisations des projets n’attendaient pas, dans certains cas 50% d’achèvement, tant l’appétit et la soif de mentir et de nourrir le complexe de s’afficher comme bon samaritain « ti manman chéri » et « ti papy doudou » étaient les seules préoccupations de ces dirigeants caractérisés par une petitesse incomparable.

En prenant les enfants du Bon Dieu comme des canards sauvages, en les badinant avec des mensonges inflationnistes, cela finit toujours par un auto-avilissement et une auto-trahison. Le régime claironnait dans tous les médias avoir créé des centaines de milliers d’emplois, pourtant le chômage était à son plus haut niveau ; le régime se donnait des satisfécits d’avoir résolu les problèmes de l’éducation de base à travers le programme Psugo; pourtant, en plus de la hausse du nombre d’enfants des rues – qui n’assurent leur survie que par des actions malsaines, victimes d’exploitation, en nettoyant des véhicules en contrepartie de quelques pièces sonnantes- la qualité de la formation s’était détériorée . Le régime cornait avoir assuré les conditions d’attraction montrant que « Haïti Is Open for Business », pourtant, Haïti se trouvait sur la carte rouge des pays à éviter même par le touriste aventurier.

L’histoire aura retenu que ce régime qualifiait un « car wasch » sur la route de Delmas de « Highway flambant neuf » ; des bâtiments publics mal fagotés, de « gratte-ciels » ; des parcs de jeu, de « stades de dernier cri ». Maurice Sixto aurait exclamé : « A la Gameuse !». Le régime porte tout simplement des gènes d’une myopie singulière ; car une simple analyse des résultats et des expériences du passé devait pouvoir anticiper la disparition draconienne d’un tel régime sur l’échiquier politique. Aujourd’hui, la vérité est que le mobile de ce pouvoir consistait à lancer le plus de projets possibles afin de mobiliser ses propres firmes, souvent imaginaires, et de pouvoir soutirer, des firmes concurrentes, des commissions et des pots de vins au détriment du bien-être collectif.

Le régime a accouché un bébé, une progéniture, un fils digne pour bien le représenter    

Oui, un fils est appelé à dépasser son père ; sinon, il n’y a pas de progrès. Le dauphin a bel et bien damé le pion à son prédécesseur. Il a su tenir allumé, le flambeau de la confusion, de la discorde, de l’irrespect et il fait quasiment unanimité comme champion dans l’expertise de faire des promesses mirobolantes jusqu’à détrôner le patron et le créateur du régime. Electricité 24h/24, constructions de routes, de ports et d’aéroports, construction d’un téléphérique, nourriture dans les assiettes, argent dans les poches. Les enfants, les jeunes et toute la population en ont marre de toutes ces duperies ! Depuis 1986, soit 33 ans de démocratie, c’est la première fois (comme pour détrôner le champion) que les discours présidentiels font table rase avec autant de dédain de l’importance de se faire accompagner par des actions concrètes et harmonieuses. D’aucuns font la seule réserve que l’héritier du régime n’a seulement pas encore promis qu’il emmènera la population haïtienne au paradis. A force de berner les enfants du Bon Dieu dans la farine, le président actuel a donné de l’inspiration aux académiciens des réseaux sociaux qui ont ajouté récemment le terme « joveneliser », associé au bluff, à la tromperie et à des sacrilèges, dans le dictionnaire français.

On se rappelle qu’un simple mensonge Aristidien au cours de son premier mandat, pour abuser la population de Cité Soleil dans des promesses creuses de construction de maisons, lui a valu la paternité de l’adverbe « immédiatement » comme refrain de discours présidentiel. Son successeur a vécu deux mandats au palais national, en dépit de sa désinvolture et son mépris incorporé dans une sincérité sarcastique, « Moi aussi je consomme le riz, passez me prendre au palais pour aller manifester avec vous ». Piètre communicateur ou mauvais politicien, René Préval savait par contre jouer, franc jeu, tant avec la population qu’avec le pouvoir législatif tout au long de sa vie politique. Serait-ce la raison expliquant qu’il soit le seul président Haïtien à accomplir deux mandats présidentiels complets ? C’est une avenue à explorer dans des recherches et des études sociopolitiques.

Mais, vraiment chapeau bas pour ce régime récent, qui ne mise que sur l’inflation des maigres réalisations et sur les mensonges spectaculaires, pour se rendre élégant et dresser une posture de « grands visionnaires et de grands leaders ».

Nul besoin de verser profondément dans les Saintes Ecritures ou dans les paradigmes théologiques et karmiques pour  déceler que le mensonge, fils de l’ignorance, de l’arrogance et de l’incompétence, est intimement lié avec la corruption. Ce que les menteurs ignorent malheureusement, à leur passif, c’est que dans le moyen et le long termes, la vérité, la justice et la cohérence finissent toujours par triompher.

Ce n’est pas un hasard qu’Haïti soit aujourd’hui champion de la corruption et de la pauvreté. Qui ment, volera ; et qui vole un œuf, volera un bœuf, nous dit le vieil adage. En n’étant même pas dans les secrets des dieux, en raison de ce système verrouillé où l’opacité est le maitre-mot, la population est détentrice de tellement de faits, de données de dilapidations vérifiées et justifiées par des sources crédibles (CSC/CA, Parlement, ULCC, UCREF, etc.) sur les pires malversations qu’ait connues Haïti sur cette administration. Alors, combien de dossiers, combien d’ententes malsaines, combien de contrats juteux se sont négociés en l’absence des normes et des prescrits du respect de l’intérêt collectif et qui hypothèquent l’assise et l’essor économique de notre pays sur les prochaines années ? Seul l’avenir nous le dira.

Le silence de l’intelligence tue le pays

Bonne gouvernance est fortement corrélée positivement avec sagesse, honnêteté et dignité. C’est totalement faux de croire que la politique doit être le jeu de menteurs, de trafiquants, de raquetteurs et de bandits de grand chemin. Ce n’est pas vrai, la politique n’est pas l’affaire d’animaux et de vampires politiques ! Par de tels sophismes ou paralogismes, ce sont nos enfants qui ne puissent se rendre à l’école, ce sont nos malades qui ne sont pas soignés, ce sont nos jeunes qui se décapitalisent et s’humilient en terre étrangère. Ce sont nos élèves qui passent ¾ de leur temps à jouer aux dominos et aux cartes après leur cycle d’études classiques, ce sont nos étudiants diplômés (compétents et courageux) qui augmentent les taux de chômage déjà trop spectaculaires, ce sont nos femmes et nos hommes vaillants qui sont ridiculisés par des prédateurs qui les exploitent en leur accordant des salaires de rien du tout, c’est la gourde qui dépérit, c’est l’inflation qui grimpe, c’est la boue, au lieu de la nourriture qui résulte du mixage de l’eau, la terre et le soleil, c’est l’environnement qui est désertique, c’est l’économie qui décrète l’état d’urgence, c’est l’insécurité et l’instabilité qui dament le pion aux attractions touristiques et aux investissements étrangers.


Pourtant, ils sont légions, d’ici et d’ailleurs, les hommes et les femmes aux colonnes vertébrales idoines et de grande compétence pour mener le pays au bon port. Et si nous unissons nos forces, nos énergies positives, nos compétences, notre probité pour faire de 2019, une année cruciale, de renaissance et d’un nouveau départ. Il est temps de changer ce décor et ce tableau triste de la vie économique, politique et sociale du pays. Jeunes, adolescents, femmes, éducateurs sérieux, hommes et femmes œuvrant dans le social, hommes et femmes de cœurs et de têtes du pays, vivant sur les 27 750 km carrés et dans la diaspora, il est définitivement temps de cesser de nous écarter des affaires politiques, sociales et économiques de notre pays. Pour les enfants, pour la jeunesse, pour la population, pour-nous-mêmes, impliquons-nous. Sauvons Haïti des animaux et des vampires politiques.

Temps de donner carton rouge aux crapules et aux malfrats politiques pour plébisciter la compétence, la décence et l’honnêteté au timon des affaires afin de concevoir et exécuter des projets de politiques publiques prometteurs dans les secteurs éducatif, culturel, économique et social.

Carly Dollin
Calydollin@gmail.com

3 COMMENTS

  1. Je ne pense pas que Jovenel soit pire que ses prédecesseurs. les gens sont juste las d’un système politique inefficace. Trop de paroles, pas assez d’actes. Trop de dépenses somptuaires pas assez d’investissement productif… Un peu comme votre texte, tout ces mots pour ne dire qu’une chose, vous n’aimez pas Jovenel Moïse… Vous voyez je le fais pour vous en 5 mots… Que de gaspillage, à méditer si vous voulez changer votre pays…

  2. Si yon ti jeran lakou, ti vole, ti vakabon tankou Jovenel kapab pase ayisien la kk konsa, nou kab di san reflechi ke ayisyen pa moun!

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