Omission de variables pertinentes dans le modèle JOMO d’éradication de la pauvreté

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par Carly Dollin

Honnêteté, confiance, respect de la parole donnée, sens de responsabilité, compétence, décence, la dignité, la protection des valeurs, le sens de l’intérêt collectif sont autant de variables pertinentes dans le processus de la croissance et du développement économique moderne, mais absentes dans le modèle réductible du Moïse Haïtien qui convoite de combiner magiquement l’eau, la terre, le soleil et les humains pour mener le peuple haïtien à la terre promise.

Dans les méthodes économétriques, l’absence de variables pertinentes constitue l’une des raisons cruciales qui conduisent à des résultats inexacts, erronés, voire catastrophiques dans les résultats et les analyses économiques. Les modèles socioéconomiques utilisent des séries de données, présentées sous forme de variables indépendantes, soit les matières premières, qui vont être transformées par des fonctions pour aboutir à des résultats qui en sont l’output, soit l’explication du comportement et des tendances de la variable dépendante. Dans le cas qui nous concerne, cette variable dépendante serait la combinaison des résultats : nourriture dans les assiettes, argent dans les poches et infrastructures de qualité, que nous pourrions résumer dans une variable composite ; dénommons-la « Succès ».

En effet, le modèle JOMO et du régime politique en place souffre d’un problème de spécification redoutable, ainsi que d’une mauvaise appréhension des paradigmes existants de succès économiques. Ce qui hypothèque, à la lumière des théories existantes, la fiabilité des résultats escomptés, avec en fait l’arrogance et les mensonges comme toile de fond des discours des conseillers du gouvernement et des têtes présidentielles. Le modèle est ainsi défini : f(eau, soleil, terre, humains) = Succès (soit, nourriture dans les assiettes, argent dans les poches, construction d’infrastructures). Pourquoi les résultats escomptés ne sont-ils pas au rendez-vous, en ayant au contraire la BOUE dans les assiettes, la corruption, les malversations, l’indécence comme résultats visibles de ce stupide mélange claironné depuis les campagnes présidentielles empreintes de mensonges multicolores et polymorphes ? La réponse à cette interrogation est simple. Soit que la technologie pouvant transformer les inputs pour produire les outputs souhaités n’est pas bien maîtrisée (incompétence, ignorance et amateurisme de l’équipe en place), ou bien que le modèle JOMO ignore de bonne ou de mauvaise foi des variables additionnelles pertinentes pouvant garantir les résultats espérés.

En effet, au regard des pratiques empiriques actuelles, les deux problèmes majeurs sont présents dans le modèle JOMO. En plus de problèmes de spécification de la forme fonctionnelle, de nombreuses variables clés telles que le soutiennent les théories économiques du développement brillent par leur absence dans ce modèle fallacieux. Dans les pays où les résultats d’émergence économique et de développement sautent aux yeux, les dirigeants font preuve de vision et de leadership, d’honnêteté, de sérieux, de probité, de respect des vies et des biens et de l’intérêt collectif. Le Rwanda, le Brésil, l’Afrique du Sud, les pays de l’Asie qui ont su emprunter des sentiers de croissance florissante, au cours des dernières décennies, n’ont pas seulement amalgamé l’eau, la terre, le soleil et les humains pour offrir des résultats économiques spectaculaires. Les visionnaires et les leaders éclairés de ces nations prêtent aussi le serment, sans peser le gros orteil, de respecter les règles du jeu démocratique qui mettent en avant le respect de la parole donnée, le respect de l’intérêt collectif au détriment des comportements arrogants, cupides et egocentriques rongeurs et prédateurs qui hypothèquent les vertus de la justice sociale et de la compétitivité. Lorsque la parole sacrée est constamment assassinée sans aucune gêne, les investissements étrangers se sont enfuis, le tourisme est anéanti, les capitaux et les cerveaux s’en éloignent.

La flotte présidentielle des dirigeants modernes qui visent le développement, la création de la richesse et de la croissance équilibrée ne contiennent pas des véhicules aux prix exorbitants et incalculables. Dans ces économies émergentes, les per diem excessifs, l’enrichissement illicite, les commissions sur les contrats, les négociations et les collusions déloyales au détriment du bien-être de toute une population, se déclinent et se conjuguent radicalement au passé. Ceux qui veulent renouer avec les pratiques de mauvaise gouvernance d’antan finissent derrière les barreaux. Voilà pourquoi la corruption constitue un ennemi de taille que les pays modernes combattent avec rage pour permettre à leur population de goûter au fruit de la sécurité, la stabilité, la prospérité, la paix et le bonheur. Le Brésil en donne les signaux robustes avec les dossiers de Lula, le Chili avec Michelle Bachelet, la Corée du Sud avec Lee Myung-bak, le Guatemala avec Alvaro Colom. Ce sont d’anciens présidents, impliqués dans des détournements de fonds, et qui se trouvent aujourd’hui, en prison.

Haïti doit définitivement emboiter le pas pour créer de la jurisprudence et un respect sacro-saint des deniers publics, voire une peur bleue à ne pas  dépenser maladroitement les centimes publics. Si nous envisageons vraiment de divorcer d’avec ces pratiques destructibles et réductibles de l’être humain au stade de l’abêtissement, nous devons couper court avec l’ignorance, l’incompétence et l’indécence qui règnent au pays pour enfin plébisciter la probité, la justice, la compétence. Point barre !

Les variables présentes dans le modèle JOMO mais non évoquées dans les discours trompeurs de la présidence

Dans la perspective d’expliquer les résultats réels du modèle JOMO, nous avons scruté ce modèle en profondeur et nous avons compris que c’est sans « surprises » que les résultats accouchés sont plutôt un « échec cuisant ». Au lieu de la nourriture, le mixage a plutôt pourvu de la BOUE dans les assiettes de la population et des couleuvres dans sa poche). Les recherches ont montré que des variables présentes en gras mais non évoquées par les acteurs ont été décelées dans ce modèle trompeur. Il s’agit de la corruption exponentielle, l’arrogance au carré, l’incohérence et les mensonges au cube, l’absence de coordination et de leadership croisés. Ce modèle fallacieux qui prétendait être la planche de salut des onze millions d’âmes de la première république noire du monde en quête d’un bonheur désespéré est une réplication de la gouvernance antérieure qui capitalisait sur des effets d’annonce pour faire rêver, yeux ouverts, ce peuple trop naïf. Les paramètres ont montré que de telles variables sont corrélées positivement avec l’output retrouvé, soit la BOUE dans les assiettes et des « pièges sonnantes » dans les poches.

Pour déduire les résultats de tout modèle, il faut des données fiables relatives à ses différentes variables. Des données collectées auprès de sources primaires et secondaires crédibles ont permis de retracer, sous cette administration, des directeurs généraux, des ministres, des parlementaires, des conseillers de la présidence trempés et submergés dans des océans de malversations. Des montants de contrats surfacturés, des rémunérations exorbitantes, des factures surpayées, des collusions déloyales dans les contrats, des dilapidations de fonds publics dont le PetroCaribe, les transferts-dollars cinquante, des contrats signés en l’absence des normes de la CSC/CA, des malversations et des prévarications de toutes formes, de l’indécence et de l’arrogance des autorités, de monstres gaspillages de fonds par les officiels, des gestions très malsaines et inefficientes.

En dépit des mises en garde de nombreux acteurs, partisans et adversaires, le régime a pourtant persévéré, avec entêtement, dans ces pratiques inefficientes qui sont les principaux termes d’erreurs de ce modèle JOMO. Les résultats sont palpables : Crispation, frustration et colère populaire, méfiance généralisée, perte de leadership, perte d’autorité, perte de confiance, crimes, insécurité et instabilité politique, économique et sociale.

Aujourd’hui, pour sortir de l’ornière de la misère et de cette pauvreté aiguë, pour permettre à la gourde de reprendre sa dignité devant le dollar, pour renverser les tendances haussières de l’inflation, pour créer un climat attractif aux investissements et au tourisme et pour emprunter les sentiers de la richesse et de la croissance prospère, Haïti a besoin d’un modèle fiable avec les variables clés du développement : la probité, la compétence, la dignité, la décence, le respect des biens publics, la protection et la promotion des valeurs et des intérêts collectifs.

Carly Dollin
carlydolin@gmail.com

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