Le Président Jovenel Moïse: entre la démission et la reprise du contrôle de la situation

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L’histoire est le témoin des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire, l’institutrice de la vie, la messagère de l’antiquité.”
De Cicéron

Winston Churchill a dit: un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre.

Mercredi 21 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Selon les prescrits de l’article 136 de la Constitution haïtienne actuellement en vigueur, le Président de la République, Chef de l’État, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État.




L’actuel système politique haïtien reconnait un Pouvoir Exécutif bicéphale avec un Président comme Chef d’État et un Premier Ministre comme Chef de Gouvernement; or c’est au Gouvernement, composé du Premier Ministre, des Ministres et des Secrétaires d’État, qu’incombe la mission de conduire la politique de la Nation.
Le Gouvernement est responsable devant le Parlement dans les conditions prévues par la Constitution (article 156).

La loi mère du pays trace la procédure à suivre pour destituer le Président de la République ainsi que le Gouvernement. Au moment où je suivais le cours “US Government and Politic” ou “Politique et Gouvernement Américains” dans le cadre de mon programme de “Criminal Justice” ou “Justice Criminelle” dans un collège à Boston, Massachusetts, États-Unis d’Amérique, je pouvais comprendre qu’à l’échelle planétaire, les trois principaux buts poursuivis par tout Gouvernement sont les suivants:
1) Le maintien d’ordre;
2) La fourniture de biens et de services aux gouvernés;
3) La promotion de l’égalité sociale.

Faillir à l’atteinte de l’un des ces buts-là équivaut tout simplement à faillir à sa mission de Gouvernement. Cela sous-entend que sous une seule présidence, plusieurs gouvernements peuvent se succéder puisque le Parlement, rien qu’en constatant l’échec d’un gouvernement, peut, sans coup férir, procéder au renvoi de tout ou partie de ce gouvernement dans les formes prévues par la Constitution et par la loi.




Pourtant, le Président de la République qui, lui-même, tire sa légitimité directement du peuple, ne peut pas être déchu de son pouvoir de n’importe quelle façon. La version amendée de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987 prévoit cette déchéance à travers la procédure ci-après tracée:

1) La Chambre des Députés, à la majorité des 2/3 de ses membres, prononce la mise en accusation du Président pour crime de haute trahison ou tout autre crime ou délit commis dans l’exercice de ses fonctions;

(le crime de haute trahison consiste à porter les armes dans une armée étrangère contre la République, à servir une nation étrangère en conflit avec la République, dans le fait par tout fonctionnaire de voler les biens de l’État confiés à sa gestion ou toute violation de la Constitution par ceux chargés de la faire respecter[article 21-1 de la Constitution])

2) L’érection du Sénat en Haute Cour de Justice pour prononcer la destitution du Président, suivie de son défèrement par-devant les tribunaux ordinaires, sur la base de la mise en accusation.

Toutefois, il ne faut pas oublier les procédés non constitutionnels tels que, par exemple, les soulèvements populaires

En Haïti, l’année 1946 commence avec la chute du président Lescot le 11 janvier 1946 qui ne pouvait pas résister à une grève d’étudiants qui a commencé le 7 janvier 1946 et l’arrivé au pouvoir de Dumarsais Estimé au cours de la même année. Si le président Lescot a été reproché parce qu’il croyait que la direction des affaires du pays était strictement réservée à dix familles haïtiennes et leurs alliés sans se soucier de l’existence d’un peuple qui aspirait à un peu plus d’humanité, pour son insouciance à cerner les graves problèmes qui se reposaient devant la conscience nationale, pour le peu d’attention qu’il accorde aux intellectuels noirs et en général les plus compétents sont considérés comme des parias et enfin pour ses mesures anti-démocratiques et anti-populaires qui affaiblissent le mouvement syndical. Dumarsais Estimé paraît être l’homme tant attendu capable de prouver le contraire de ce que faisait Lescot.

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets dans les mêmes conditions. Si le Président Jovenel Moïse se croit confortable dans le fauteuil présidentiel dans le contexte actuel des choses, je crois dur comme fer qu’il commet la pire des erreurs puisque sans l’ombre d’un doute, son mandat est dans l’œil du cyclone. Si rien de concret n’est fait pour reprendre le contrôle de la situation, pour regagner ou gagner la confiance de la population, il va connaître le même sort qu’a connu le Président Élie Lescot au cours de la première quinzaine du mois de janvier 1946.




Si la grève qui paralyse le pays depuis trois jours se poursuit pour même trois jours de plus, le Président Jovenel Moïse n’aura qu’à plier bagages pour prendre le chemin de l’exil.

La tenue d’un dialogue franc et sincère s’impose immédiatement entre les différents protagonistes de la crise. J’ai dit “un dialogue franc et sincère”. Si, par n’importe quel moyen, un homme ne veut que divorcer d’avec sa femme et vice-versa, est-ce les rencontres de méditation entre les dits époux et le Doyen du Tribunal de Première Instance concerné sont-elles nécessaires? Sinon que pour amuser la galerie ou pour tuer le temps.

Opposition, Parlement, Gouvernement, Exécutif, Peuple Haïtien, il est temps de cesser de construire des murs séparant les uns des autres! Attelons-nous, plutôt, à jeter toutes sortes de ponts patriotiques de nature à nous connecter les uns aux autres!

N’oublions pas que ce qui nous unit, qui nous cimente les uns avec les autres, l’Haïti que nous disons aimer tant, est plus fort que tout ce qui nous divise!

Séchons enfin les larmes qui coulent si longtemps des yeux de notre mère commune, cette patrie chérie que nos ancêtres nous ont laissée comme héritage, en raison de nos luttes fratricides, de nos querelles de chapelle, de nos conflits intestins!

Vive Haïti! Vive Haïti! Vive Haïti!
À bas la haine! À bas la division! À bas l’exclusion!

Me Widlaire Pacombe
Avocat au Barreau de Mirebalais.

Adresses électroniques:
widlairepacombe120@gmail.com
widlairepacombe@yahoo.fr.

1 COMMENT

  1. Wen Jacques J Garçon di: Twòp pale fwanse! Jovenel gen 8 twou nan kò a li; si li pa vle tande nan youn ladan yo; fouye de anplis pou li ake menm fizi, vakabon parèy a li yo, gen nan men a yo, pou tchwe pèp la. Yon grenn pitit a peyi a deja pèrdi lavi a yo sou kont a Jovenel, te deja twòp. Fòk peyi a wete tandans makout la ki nan lide a kèlkeswa moun li ye a.

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