« En Haïti, la bataille contre la corruption reste un slogan », note le bulletin de la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce

La corruption, ce mal qui génère la pauvreté et affecte le climat des affaires

Bulletin de la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie

Vendredi 12 octobre 2018 ((rezonodwes.com))– La bataille contre la corruption est en train d’être menée très sérieusement dans beaucoup de pays du monde notamment en Amérique Latine. Les peuples comprennent qu’elles ne peuvent pas construire une société égalitaire, socialement juste, économiquement équilibrée dans l’impunité.




Au Brésil, icône de la gauche, Luiz Inácio Lula Da Silva, qui a été président de 2003 à 2010, est en prison depuis avril 2018 pour avoir « structuré, orienté et commandé le schéma illicite de paiement de pots-de-vin au bénéfice de partis politiques, de politiques et de fonctionnaires publics. Dans ce même pays, en Août 2016, la Présidente Dilma Roussef qui a remplacée Lula a été destitué par le parlement pour cause de corruption et de manipulation comptable. En République Dominicaine, le 29 Mai 2017, le bureau du Procureur Général avait annoncé l’arrestation et l’incarcération de plusieurs personnes impliquées dans le scandale de 92 millions de pots-de-vin reçus de l’entreprise brésilienne Odebrecht en échange de juteux contrats de travaux publics.

En Corée du Sud, en mars 2018, l’ancien Président entre 2008 et 2013 Lee Myung-bak, a été arrêté pour corruption, détournement de fonds, abus de pouvoir, dissimulation de documents officiels et d’infraction à la loi électorale. Un an avant lui, l’ancienne présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a été destituée pour trafic d’influence, corruption, abus de pouvoir, coercition et divulgation de secrets d’État. En juin 2018, l’ancien président du Panama, Ricardo Alberto Martinelli (2009-2014) a été extradé des États-Unis vers le Panama, où il sera jugé pour avoir placé 150 adversaires politiques sur écoute et pour des faits de corruption liés à l’affaire Odebrecht.

En mars 2018, le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski accusé dans l’affaire Odebrecht, avait été remplacé par son premier vice-président Martin Vizcarra. Le 8 août 2018, l’ancien président du Salvador, Antonio Saca (2004-2009) a reconnu devant un tribunal avoir détourné près de 300 millions de dollars. Plus récemment, en Argentine, le 23 Août 2018, le Sénat a autorisé, des perquisitions au domicile de l’ex-présidente Cristina Kirchner, soupçonnée d’être responsable d’un système de corruption lorsqu’elle était au pouvoir entre 2007 à 2015.




Ces faits mentionnés ici sont parmi d’autres l’expression d’une volonté politique réelle pour instaurer la transparence et la bonne gouvernance dans la plupart des pays du monde et attaquer ce mal qu’est la corruption.

En Haïti, la bataille contre la corruption reste un slogan, une promesse, un idéal. D’un pouvoir à un autre, d’un régime à un autre, les mauvaises pratiques ne sont sanctionnées. La corruption est donc devenue un fait social normal. Haïti reste pauvre et appauvri pendant que certaines personnalités du secteur public (fonctionnaires, dignitaires et parlementaires) et privé s’enrichissent frauduleusement à la corruption. Il est devenu plus qu’urgent que ce mal soit pénalisé pour rêver de réussir de construire une économie moderne et juste.

La corruption a des conséquences néfastes sur l’économie et le social. La corruption est génératrice de pauvreté et d’inégalité. Car quand l’argent est détourné, volé ou gaspillé, ce sont des hôpitaux et des écoles qui ne peuvent pas être construits, c’est l’agriculture qui n’est pas financée et encadrée. La corruption salit l’image du pays et fait fuir les investisseurs. On ne peut pas être surpris quand la République Dominicaine arrive à capter 25 fois plus d’Investissements Directs Etrangers (IDE) qu’Haïti chaque année. La corruption alourdit les procédures administratives et rend l’État dysfonctionnel. La corruption créé l’inflation à travers la surfacturation. Elle entraine la faillite et la fermeture de nombreuses entreprises qui ne peuvent plus résister face à d’autres qui bénéficient de la corruption et des pratiques économiques de concurrence déloyale.

La corruption fait perdre à l’État des centaines de millions de dollars sur la frontière, dans les ports et au niveau du paiement des taxes directes et indirectes. Plusieurs études menées par la Banque Mondiale et le Forum Economique du Secteur privé font état de plus de 400 millions de dollars perdus par l’Etat chaque année sur la frontière. Depuis 2012, demande la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie (CFHCI) mène une bataille auprès de l’Etat pour que ce dernier puisse prendre des mesures pour remédier à cette situation qui empoisonne l’environnement des affaires.




Le cas du scandale Petrocaribe vient d’allonger la liste des crimes financiers et vastes opérations de corruption impunies qui privent l’économie haïtienne des milliards de dollars qui devaient être mobilisés pour relancer la croissance. Le pays a le devoir de fixer les responsabilités et de tracer un exemple pour les générations à venir. Haïti ne pourra pas aspirer au développement économique et une meilleure qualité de vie pour ses citoyens sans divorcer d’avec l’impunité pour enfin instaurer l’Etat de droit.

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