Violences : 17% des femmes en Haïti trouvent normal qu’un mari tabasse sa femme

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L’enquête a été financée à hauteur de 3,5 millions de dollars américains par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le gouvernement du Canada, l’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la Banque mondiale à travers le projet PASMISSI, et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à travers PSI/OHMaSS




Jeudi 4 octobre 2018 ((rezonodwes.com))– La sixième Enquête mortalité, morbidité et utilisation des services  en Haïti (EMMUS VI), présenté par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), de concert avec l’Institut haïtien de l’enfance (IHE), a permis de mieux comprendre l’inquiétante réalité de la violence conjugale en Haïti.

Selon les résultats de ce travail, 17% des femmes en Haïti trouvent normal qu’un mari frappe sa femme, par rapport à 11% des hommes qui pensent de la même façon.

Extraits du rapport :

Violence domestique
Opinions par rapport à la violence conjugale
L’EMMUS-VI a demandé aux femmes et aux hommes de 15-49 ans s’ils pensaient qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme/partenaire pour les raisons suivantes : si la femme brûle la nourriture, si elle argumente avec lui, si elle sort sans le lui dire, si elle néglige les enfants ou si elle refuse d’avoir les rapports sexuels avec lui.

Dans l’ensemble, 17 % des femmes et 11 % des hommes considèrent que, pour au moins une des cinq raisons citées, il est justifié qu’un homme batte sa femme/partenaire. Les raisons les plus fréquemment citées par les femmes aussi bien que les hommes sont : le fait par la femme de sortir sans avertir son conjoint et de négliger les enfants.




Violence physique
Près de 3 femmes sur 10 (29 %) ont subi des violences physiques à un moment quelconque de leur vie depuis l’âge de 15 ans. Ce pourcentage n’a pratiquement pas changé depuis 2012. Onze pour cent (11 %) des femmes ont été victimes d’actes
de violence physique au cours des 12 derniers mois, principalement celles du Reste-Ouest (14 %).

Violence sexuelle
Douze pour cent (12 %) des femmes ont subi des violences sexuelles à un moment quelconque, et 5 % au cours des 12 mois précédant l’enquête. La violence sexuelle récente est trois fois plus élevée dans l’Aire Métropolitaine (6 %) que dans le département du Sud-Est (2 %). La proportion des femmes ayant été victimes de violences sexuelles à n’importe quel moment est restée stable depuis 2012.

Violence conjugale
Un tiers des femmes non célibataires (34 %) ont subi des violences conjugales (émotionnelles, physiques ou sexuelles) de la part de leur mari/partenaire actuel ou le plus récent. La violence émotionnelle est la forme la plus fréquemment subi (26 %). La violence conjugale (émotionnelle, physique ou sexuelle) est plus élevée parmi les femmes en rupture d’union (44 %) que parmi celles en union avec cohabitation (33 %) ou parmi celles en union sans cohabitation (31 %). La violence conjugale varie de 23 % dans le département du Nord-Ouest à 42 % dans l’Aire Métropolitaine.




Recherche d’aide
Parmi les femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles, 24 % ont recherché de l’aide et 22 % en ont parlé à quelqu’un sans demander de l’aide. Plus de la moitié (54 %) n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à personne. L’aide a été le plus souvent sollicitée auprès de leur propre famille ou celle de leur mari/partenaire.

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