Panos Caraïbes réclame des dirigeants haïtiens l`accès à l’information pour les journalistes

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A l’occasion de la 25e Edition de la Journée mondiale de la Liberté de la Presse le 3 mai 2018, Panos Caraïbes partage avec la presse caribéenne, une réflexion sur la presse haïtienne. Cette réflexion sous forme d’un mini-rapport a été présentée et discutée par Panos  avec M. Edison Lanza Rabatto, le Rapporteur spécial pour la Liberté d’Expression de la Commission Interaméricaine des Droits Humains : « La liberté d’expression, un acquis à protéger. Rapport sur l’État de la liberté d’expression, des médias et l’accès à l’information en Haïti« 




Mercredi 2 mai 2018 ((rezonodwes.com))– « La liberté d’expression est un des droits fondamentaux de l’homme ; sans elle, l’opinion publique ne peut être informée correctement. Elle est garantie par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et par la Constitution d’Haïti de 1987. »

Les propos liminaires du Code de déontologie des médias et des journalistes d’Haïti adoptée en décembre 2011 ne laisse aucune place au doute : les médias et les journalistes doivent être libre de faire leur travail, et les citoyens libres de leur parole, de leurs opinions, de leur choix religieux, sexuel, etc,

Un ensemble de mesures doivent être prises. Mais elles ne le seront par la simple bonne volonté. Il serait judicieux que la corporation fasse une introspection sérieuse et ouvre la boite à suggestions à d’autres secteurs de la vie nationale pour l’aider à progresser.




Il faut un consensus entre les pouvoirs publics, les médias et la société civile. Il faut des consultations, des échanges, des discussions devant aboutir à une prise en charge collective et nationale de la pratique du journalisme dans son rôle de vecteur pour la promotion de la démocratie, le développement social, la bonne gouvernance et l’État de droit.

Il devient urgent pour le Parlement haïtien d’adopter la loi sur l’accès à l’information afin de permettre aux journalistes et au citoyen ordinaire d’avoir accès à l’information. La rétention d’information par le fonctionnaire est contraire à la bonne gouvernance.

La Société civile, la corporation des médias et le gouvernement doivent commencer des échanges pour aboutir à la création d’une commission de régulation des activités des médias qui ne s’occuperait que des aspects de contenus, de déontologie, de gestion de la liberté d’expression. Le CONATEL se focalise un peu trop sur l’aspect technique ;

Les mêmes acteurs doivent consentir des efforts communs (des dépenses par exemple) et réfléchir sur un programme de formation initiale de deux ans minimum (niveau licence) et de formation continue des journalistes. Cet aspect est confié à la Faculté des Sciences humaines qui ne compte qu’un département de communication sociale mais pas de filière journalistique en tant que tel ; et à une kyrielle « d’écoles de journalisme » en quatre mois ;




Ils doivent, lors de leurs échanges, s’entendre sur une identification systématique, « carte » des journalistes. Une identification qui ne dépend ni n’est tributaire du média dans lequel travaille le journaliste, mais au contraire qui sera émise et autorisée par
l’instance de régulation. Ceci ne doit pas empêcher à chaque média de donner à ses journalistes une carte du média ;

Ils doivent s’entendre sur des critères clairs et incontournables qui doivent être pris en compte par toute personne désirant se voir accorder une carte nationale de journaliste en tenant compte du niveau d’études, de la moralité, la formation en journalisme. On ne peut trouver aucun confit d’intérêt entre le journalisme comme principale activité avec une autre activité professionnelle lucrative;

La charte des journalistes adoptée en 2012, doit être le document de base de chaque média qui prend la responsabilité de sensibiliser leurs journalistes à ses règles ;

La loi sur la diffamation devrait être abrogée et instaurer la différence entre les informations trouvées et données par les médias et les sorties politiques entre adversaires politiques qui ne seront pas imputables aux médias dans lesquels ils ont été diffusés ;

La corporation devra s’entendre sur un salaire minimum pour les journalistes suivant une échelle qui tient compte du niveau de vie moyen, de leurs expériences, leurs fonctions et de leur qualité de journalistes ; cette mesure limitera les risques de confits d’intérêts, de concussions et de collusions dans la corporation ;

L’état haïtien doit s’engager à protéger les médias, les journalistes, leurs familles et leurs biens de censures, de menaces, des persécutions, d’attaques quelles que soient leurs origines. Il doit aussi s’engager à conduire des enquêtes célères qui aboutissent à des jugements et des sanctions pour les coupables ;

L’état haïtien en collaboration avec la société civile et la corporation doivent souscrire à une assurance-vie spéciale pour les journalistes et les médias souvent victimes lors d’évènements politiques et autres. Cette mesure aidera à réduire la vulnérabilité des médias et des journalistes et le risque de corruption ;

La corporation doit travailler à la consolidation de ses membres quel que soit leurs intérêts économiques et politiques pour le bien de la profession et avoir, pourquoi pas une seule association de défense des droits des médias et des journalistes, sans distinction.

Pour finir, la corporation devra instituer de manière pérenne des « Assises annuelles sur le Journalisme en Haïti », et mettre en débat l’évolution de la pratique du métier. Ce serait une façon de s’autocritiquer et de s’ouvrir aussi au public et au monde médiatique en général.

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