Les archives nationales d’Haïti : Entre hors jeu, favoritisme et affront à la souveraineté

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Dimanche 12 février 2017 ((rezonodwes.com)).- Dans le langage footballistique être en position de hors jeu (la loi 11), ne signifie nullement être en mauvaise ou en bonne position, dépendamment du jugement de l’arbitre qui, des fois, octroie un certain favoritisme. De nos jours, via les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), on peut vérifier d’un clic le nombre d’actions hors-jeu par joueur.

Cependant, les chroniqueurs sont divisés lorsqu’un joueur de renom franchit incessamment la ligne défensive adverse (position hors jeu). Si pour certains, cela témoigne d’un mauvais positionnement, pour d’autres, ces comportements traduisent la vivacité de l’attaquant. Ils se référent aux arguments de certains entraîneurs qui avancent « Mieux vaut être en position de hors jeu pour chaque action offensive que d’être hors du match ».




Ce matin en sortant de ma maison, la voisine septuagénaire
est venue me dire qu’elle laissera le pays. Cette parole m’a frappé et m’a laissé sans réaction sachant qu’elle était souffrante. Cependant, ce qui m’avait intrigué c’est lorsqu’elle me faisait part de la somme d’argent en dollars américains (US $) versée par son fils pour obtenir un extrait des archives, un versement qui à été la principale cause de son hospitalisation.

Restons dans le couloir des archives nationales pour essayer de comprendre le fonctionnent de cette « boite ». Parlons de « bwat leta », c’est inhabituel d’entendre parler de palais national, primature, BRH, etc. comme étant… Cependant, les archives nationales sont parmi les endroits où les « RAKETÈ » font leur beurre, ce qui parait facile pour la population de l’identifier comme « Bwat Leta ».




Les archives nationales de Wilfrid Bertrand comme certains ont l’habitude de dire est un lapsus peu « acceptable ». Non seulement, il traduit l’ancienneté de mon ex professeur de Patrimoine au sein de cette prestigieuse institution mais aussi, dialectiquement, l’union inséparable de l’éminent professeur d’avec l’institution précitée (ANH). Combien de présidents sont passés au pouvoir ? Combien de changements opérés au sein de l’administration publique sans qu’on ne se préoccupe des archives nationales ? Combien de services fournis par Wilfrid Bertrand au profit de la société Haïtienne depuis des lustres ?

Des gens âgées ont, par moment, étonné d’apprendre que le Directeur Général des archives nationales d’Haïti se nomme et nommera Wilfrid Bertrand. Jovenel Moise saura-t-il défier le blanc ou désacralisera définitivement ce mythe (le blanc supportera toujours le DG des archives nationales) ? Quel sera le prochain projet des archives nationales pour le prochain gouvernement sous prétexte de combattre la fraude ?

A chaque remaniement, et/ou formation de cabinet ministériel, peu de gens font le lobbying pour la direction des archives nationales. Joseph Michel Martelly, l’unique président, à date, dans le panier des premières fois, manipulé ou non, avait réussi à perturber le sommeil de Wilfrid Bertrand et tenta de faire tomber le mythe lié à son remplacement mais malheureusement, la montagne a accouché d une souris. Au final, Wilfrid Bertrand est resté ferme au poste et s’adjoint, pour la première fois de l’histoire des archives nationales, d’un jeune comme Directeur Général Adjoint. Ce dernier doit prouver le bien fondé de ce poste et à travers son ouvrage, probablement, on saura comment ont été les collaborations avec les employés-soldats des archives nationales, ses premiers pas aux archives nationales, comment il a collaboré avec les RAKETÈ, ses marges de manœuvres, ses attributions, les blocages enregistrés, les coups bas subis et/ou déjoués.

On attendait surtout connaitre de sa part, pourquoi Wilfrid Bertrand assis toujours sur son fauteuil de marque « non éjectable » ? Pourquoi elles (ANH) ne se concentrent qu’à Port-au-Prince ? Pourquoi existe-t-il toujours un service pour soutirer de l’argent à chaque formation d’un nouveau gouvernement ? Pourquoi un président de la République se sent-il obligé d être satisfait de la performance du Directeur Général des archives nationales bien que les services fournis fassent défaut ? Pourquoi le mythe d’origine entourant la nomination du Directeur Général des archives nationales à l’ambassade Américaine tend-t-il à suppléer les prérogatives constitutionnelles du chef de l’Etat ?

In fine, pour illustrer l’approche introductive, les archives nationales sont en position de hors jeu à chaque nomination des directeurs généraux de l’administration publique. Les archives nationales sont-elles bien positionnées ou Wilfrid Bertrand bénéficierait-il de la faveur du corps d’arbitrage (Ambassade américaine entre autres) ?

A travers ce texte nous n’attendons pas à inciter plus de lobbying autour du poste de Direction Générale des archives nationales ni même attirer l’attention du président de la République, Jovenel Moise, sur le rôle quasi mystique voire mythique que détenait la fonction du Directeur Général des archives nationales d’Haïti mais plutôt, dénoncer, à travers les tractations entourant le remplacement du Directeur Général des archives nationales, l’affront de souveraineté et d’inviolabilité de notre constitution par les puissances étrangères.




Messieurs les lobbyistes qu’attendez-vous du président de la République, Jovenel Moise ? Faire installer un nouveau directeur général au sein des archives nationales ou accepter, de façon unanime qu’on distingue de l’ordre d’honneur Monsieur Wilfrid Bertrand pour les « services » rendus à la société Haïtienne et aux ambassades étrangères à travers les archives nationales !

Richardson SERAPHIN
Diplômé en Histoire
rseraphin@gmail.com

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