L`international risque de se désengager du pays face à l`impasse politique!

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Note de l’ ONU:

En visite à Port-au-Prince, en Haïti, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a appelé les principaux acteurs politiques haïtiens à prendre leurs responsabilités pour sortir de l’impasse politique actuelle, respecter le nouveau calendrier électoral et éviter ainsi un possible désengagement de la communauté internationale.

« Nous en sommes au point où le Conseil de sécurité [de l’ONU], en renouvelant le mandat de la MINUSTAH [Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti] l’année dernière, avait déjà intégré l’idée que, progressivement, nous devions nous orienter vers une diminution et, à terme, à un arrêt des opérations de la MINUSTAH », a déclaré samedi M. Ladsous lors d’une conférence de presse dans la capitale haïtienne.




« C’est l’occasion de saluer le travail remarquable fait par toutes nos équipes sous la direction éclairée de Mme Sandra Honoré, la Représentante spéciale [de l’ONU en Haïti], et de ses collaborateurs », a poursuivi le Secrétaire général adjoint.

Il a rappelé que l’ONU avait envisagé de réaliser cet été, avant le prochain renouvellement du mandat de la MINUSTAH en octobre, une évaluation stratégique de l’avancée de la mission dans l’accomplissement des tâches qui lui ont été assignées par le Conseil de sécurité.

« Le fait que le cycle électoral qui aurait dû s’achever à la fin de l’année dernière ait été interrompu, que nous ayons maintenant un nouveau calendrier, a fait que l’évaluation stratégique se fera plus tard », a-t-il dit, ajoutant que, dans l’intervalle, le Conseil de sécurité lui a demandé de se rendre en Haïti pour effectuer une évaluation de la situation dans le pays, notamment sur le plan sécuritaire et sur le plan politique.




Dans ce cadre, M. Ladsous s’est entretenu cette semaine avec les principaux acteurs haïtiens, y compris les membres du gouvernement et du parlement.

Au terme de cette évaluation, le Secrétaire général adjoint a constaté que le pays traverse actuellement une crise, une impasse politique. « Et donc, mon message, notamment aux parlementaires, a été : ‘Ecoutez, la communauté internationale n’a pas à se substituer à vous. La responsabilité, elle est la vôtre. C’est donc à vous de trouver une formule pour dépasser les blocages actuels’ ».

En second lieu, M. Ladsous a appelé les principaux acteurs politiques haïtiens à respecter strictement le calendrier électoral nouvellement défini, avec une première échéance en octobre 2016 et l’entrée en fonction du futur président de la république en février 2017. « Le pays d’Haïti a perdu un an. Et donc, au minimum tout doit être fait pour tenir ce calendrier et ne pas risquer un nouveau glissement du calendrier », a-t-il insisté.

Le Secrétaire général adjoint a par ailleurs constaté les progrès accomplis par le pays sur le plan sécuritaire. « La situation actuelle en Haïti n’a rien à voir avec celle d’il y a dix ans, à l’époque où Cité soleil était la proie des gangs », a-t-il dit.

Il a toutefois noté que des incidents et des attaques subsistent. « Et évidemment, plus que jamais, il appartient à la police haïtienne, qui est en première ligne, et à la formation de laquelle nous avons consacré des efforts considérables, d’assurer le maintien de la loi et de l’ordre en Haïti », a-t-il dit.




Le Secrétaire général adjoint a aussi rappelé les efforts importants consacrés par la communauté internationale, à travers la MINUSTAH et les missions précédentes des Nations Unies, pour aider Haïti à sortir de la crise profonde que connait le pays depuis plusieurs années. « Et il commence à se faire jour une certaine impatience, une attente de résultats encore plus probants », a-t-il dit, avertissant le pays du risque que le dossier haïtien ne « glisse vers la périphérie, voire en dehors des écrans radar de la communauté internationale ».

De manière générale, M. Ladsous a insisté sur l’urgence qu’il y avait pour les Haïtiens à prendre leurs responsabilités et à trouver leurs propres solutions à leurs problèmes. « Nous ne sommes pas là pour dicter, nous ne sommes pas là pour nous ingérer. Nous sommes là pour accompagner », a-t-il rappelé.

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