Déjean Victor arrêté pour drogue au Canada

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Déjean Victor
Déjean Victor

Montréal, le 1er mai 2015 – Les policiers ont procédé à l’arrestation de deux individus qui seraient impliqués dans plusieurs complots d’importation de cocaïne. L’enquête, menée par la Section des enquêtes fédérales et aéroportuaires (SEFA), démontre qu’entre 2009 et 2011, plusieurs suspects arrêtés par l’Agence des services frontaliers du Canada à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau pour importation de cocaïne transportaient la drogue pour le compte de ces deux accusés.

Les suspects sont Dejean Victor, 58 ans, de Toronto et Merlande Dont, 42 ans, de Montréal. Ces derniers sont suspectés d’avoir comploté dans l’importation de la cocaïne entre Haïti et le Canada. On leur reproche d’avoir recruté des Canadiens pour effectuer le transport de cette drogue. Au cours de l’enquête, trois passeurs ont été accusés pour importation en vue de trafic. Un total de quatre kilos de cocaïne ont été saisis.

Dejean Victor et Merlande Dont font face à des accusations de complot et d’importation de cocaïne en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Merlande Dont comparaîtra aujourd’hui au palais de justice de Montréal.

L’opération s’est déroulée avec l’assistance de la Gendarmerie Royale du Canada de Toronto et des policiers du Service de police de la Ville de Montréal. La Police Nationale d’Haïti a également contribué à l’enquête.

Comme l’avait signalé La Presse le 8 janvier 2010, cet homme d’affaires dans la cinquantaine avait été arrêté pour trafic de drogue en même temps que son frère Abel à l’aéroport de Port-au-Prince, le 30 décembre 2009. Ils s’apprêtaient à revenir au Québec et étaient soupçonnés d’avoir voulu faire entrer au Canada 2,35 kg de cocaïne. Ils avaient été incarcérés à la prison de Port-au-Prince en attendant de passer devant la cour.

Le 12 janvier, jour du séisme meurtrier en Haïti, Victor se serait évadé à la faveur de l’effondrement de la prison, a écrit Rue Frontenac le 9 février. Il aurait réussi à rentrer au pays à bord de l’un des avions qui rapatriaient les ressortissants canadiens. Il se trouve depuis à Montréal.

En février 2010, Déjean Victor a dit à TVA qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il avait «coupé les ponts» avec son frère. La Presse a tenté en vain de joindre M. Victor, par téléphone et par courriel.

Pas de demande d’extradition

De son côté, pour expliquer la présence d’un présumé fugitif au Québec, l’Agence des services frontaliers du Canada a indiqué qu’elle ne peut renvoyer du pays un citoyen canadien; c’est le cas de M. Victor. Les autorités haïtiennes, qui en ont plein les bras depuis le séisme, n’auraient pas fait de demande d’extradition au Canada.

dejean christina

Le 15 juin 2010, Déjean Victor a été reconnu coupable de fraude fiscale. Lui et ses deux sociétés – Taxi Dejean et Taxi Merlande – se sont vu imposer des amendes totalisant 404 000$ pour avoir omis de déclarer des sommes perçues à titre de TVQ et de TPS entre septembre 2005 et mai 2006.

Déjean Victor est propriétaire du Pavillon Marquette mais aussi du complexe Cristina, qui comprend un centre de banquets et une salle de spectacle. En décembre, la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) a suspendu les permis de vente d’alcool de l’établissement de Saint-Léonard. Mais M. Victor a porté la décision devant le Tribunal administratif du Québec. La décision de la RACJ est ainsi suspendue.

Lors de deux visites à l’automne 2009, les policiers avaient saisi au total plus de 310 litres d’alcool qui n’avaient pas été achetés à la SAQ. Les contenants n’étaient pas timbrés.

Le complexe Cristina a notamment été l’hôte du Festival international de musique haïtienne de Montréal. Sur son site internet, on voit des photos de Déjean Victor en compagnie de la star du hip-hop Wyclef Jean, du président haïtien, René Préval, et du boxeur Jean Pascal.

La presse de Montréal, TVA Nouvelles, Rue Frontenac

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